Matthias HELMLINGER, le 25 octobre 2026
Psaume 22
Vous aurez tous compris que ce psaume est composé de deux parties. Dans une première partie, quelqu’un crie sa détresse, dans la deuxième partie, la même personne loue le Seigneur. Dans la première partie, cette personne demande à Dieu pourquoi il l’a abandonnée, dans la deuxième partie elle loue le Seigneur de lui avoir répondu. « Tu m’as répondu » est d’ailleurs le mot qui sépare ces deux parties, à la fin du v.22. Malheureusement, pour ceux qui suivent la traduction Louis Segond, ce mot a disparu ; il n’a tout simplement pas été traduit, alors qu’il est essentiel pour comprendre ce psaume. « Tu m’as répondu » est entre le verset 22 et le verset 23.
Entre l’expérience d’avoir été abandonnée de Dieu et l’expérience de la proximité salutaire de Dieu, il y a eu une intervention de Dieu. Cette intervention a tout changé. Cette intervention de Dieu n’est pas expliquée. En hébreu, il y a, comme je l’ai dit, juste un mot, entre le verset 22 et le verset 23: « tu m’as répondu ».
Comment Dieu a répondu, cela ne nous est pas dit. Personne n’a assisté à la résurrection de Jésus. Quand les femmes et les disciples sont venus au tombeau, il était déjà ressuscité. Tout ce qu’ils ont vu, c’est que le tombeau était vide. Ils n’ont pas assisté à la résurrection. Ils ont ensuite eu la visite du Ressuscité. Nous pouvons avoir une visite de Jésus. Mais nous ne pouvons pas expliquer comment cela se fait. Comment le Dieu éternel, le Dieu vivant et vrai, Créateur du ciel et de la terre a pu devenir un être humain de chair et de sang, ce ne sont pas des choses qu’on peut expliquer. Nous ne pouvons expliquer la création du monde, encore moins l’incarnation de Dieu en Jésus-Christ, dans le sein de la Vierge Marie, dans une fille d’Israël. La divinité de Jésus, c’est ce qu’il y a de plus incompréhensible. C’est encore plus incompréhensible que la Création du ciel et de la terre. Dieu lui-même mourant sur une croix en son Fils, pour notre salut. C’est ce dont nous parle la bible.
Dans ce psaume, nous voyons presque tout de la passion de Jésus. Des siècles avant qu’elle n’ait lieu, elle nous est racontée. Ce psaume a été écrit au moins 500 ans avant que Jésus vienne et prie sur la croix : « mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? ». Le croyant juif qui a écrit ce psaume, ou peut-être les croyants juifs, car ce psaume est certainement aussi une œuvre collective, ont vécu avant Jésus, et ont prié ce psaume avant Jésus. Les Juifs connaissent leur histoire : leurs ancêtres ont bien des fois crié à Dieu dans leurs détresses, Dieu a répondu, parfois par des miracles inoubliables, mais maintenant, eux les Juifs, ils ont beau prier, Dieu ne répond plus. C’est toute la première partie de ce psaume. L’ennemi s’acharne sur ces Juifs qui n’ont pas de réponse de leur Dieu.
Mais ce psaume nous apprend aussi qu’il y a au sein du peuple juif une personne qui vit encore plus cet abandon, cette souffrance d’être loin de Dieu. Cette personne est tellement maigre qu’elle peut compter tous ses os, ses os se disloquent. Sa souffrance vient aussi de ses propres compatriotes qui se moquent de la confiance qu’elle a placée en Dieu. Cette personne est rejetée de la communauté des croyants ; sa détresse est trop grave, sa déchéance est une preuve manifeste que Dieu l’a abandonnée pour toujours.
Et voilà qu’il y a une réponse de Dieu : cette personne rejetée de la communauté va maintenant réunir une communauté dans la louange. Un peuple est né à partir de la souffrance d’une personne. On raconte à ce peuple ce que le Seigneur a fait. C’est le dernier mot du psaume : « oui, le Seigneur a fait ». Oui, le Seigneur a agi. Oui, le Seigneur a fait.
Je veux maintenant conclure :
frères et sœurs, il peut arriver dans notre vie de faire l’expérience que Dieu est loin, que notre prière n’est pas entendue.
Notre prière est entendue, soyons-en sûrs. Dieu agit, soyons en sûrs.
Il y aura un retournement de situation que nous ne pouvons ni prévoir, ni expliquer, mais que nous vivrons, que nous expérimenterons.
Nous serons alors nous-mêmes la source de la louange qui montera vers le Seigneur de la part d’un peuple nouveau-né.
L’Eglise aujourd’hui est persécutée plus qu’elle ne l’a jamais été. 370 millions de chrétiens vivent la persécution violente à travers le monde. Dans beaucoup de ces pays, les chrétiens font partie de la population la plus fragile, la plus exposée, sans aide humaine, comme le dit ce psaume. Personne qui aide.
Mais le Royaume de Dieu vient. Ces chrétiens dirigeront le monde. Je parle de l’Eglise, mais la Parole de Dieu annonce la même chose pour Israël : il y aura une telle détresse, qu’Israël verra la mort en face, juste avant que Jésus son Roi vienne régner depuis Jérusalem dans toute sa gloire.
Frères et sœurs, il faut tenir bon, quand nous sommes au bout. Le Seigneur entend toutes nos prières. Soyons en sûrs. Tout ce psaume a été vécu par Jésus jusqu’au bout, Dieu a répondu à ses prières sur la croix.
Nous avons une garantie : la prière de Jésus sur la croix, la même que ce psaume. Dieu l’a exaucée. Amen.

