Matthias HELMLINGER, le 9 août 2026

Matthieu 17 v 1 à 9

Et après six jours, Jésus prend auprès de lui Pierre, et Jacques et Jean son frère, et les emporte vers une montagne élevée, à l’écart. Et il fut transfiguré devant eux, et sa face brilla comme le soleil ; or ses habits devinrent blancs comme la lumière. Et voici : se firent voir à eux Moïse et Elie parlant avec lui.

Or, répondant, Pierre dit à Jésus : Seigneur, il nous est beau d’être ici ; si tu veux, je ferai ici trois tentes, pour toi une seule, et pour Moïse une seule et pour Elie une seule. Comme il parlait encore, voici : une nuée lumineuse les couvrit de son ombre, et voici : une voix de la nuée disant : « Celui-ci est mon Fils, le Bien-Aimé en qui je me suis complu. Ecoutez-le. » Et, l’entendant, les disciples tombèrent sur leur face et craignirent fortement. Et Jésus vint auprès d’eux et, les touchant, dit : « Réveillez-vous et ne craignez pas ». Or, relevant les yeux, ils ne virent personne, sinon lui, Jésus, seul.
Et comme ils descendaient de la montagne, Jésus leur commanda, en disant : « à personne ne dites la vision, jusqu’à ce que le Fils de l’homme se réveille des morts ».

Pour parler de Lui-même, Jésus utilise de préférence l’expression « Fils de l’homme ». Il interdit à ses disciples de dire qu’il est le Messie. Aujourd’hui, quand nous parlons de Jésus, nous disons : « Jésus-Christ ». Christ, du mot grec christos, se dit en hébreu MaSHiaH, Messie. Mais Jésus ne se présentait pas comme le Messie. Il ne se revendiquait pas comme cela. Il préfère parler de lui-même en disant « Fils de l’homme ». Cette expression provient du livre de Daniel, dont nous avons écouté un passage, au chapitre 7. Sans le livre de Daniel, nous comprendrions cette expression complètement de travers : que Jésus ne veut être rien d’autre qu’un être humain. Dans le livre de Daniel, le Fils de l’homme est au contraire un être divin. Daniel l’a vu dans une vision. Il a vu d’abord les gouvernements successifs qui se succèdent sur le pays d’Israël. Des empires bestiaux, malfaisants, provenant du chaos et répandant le chaos. Ils exercent leur empire sur le pays d’Israël et toutes les nations, jusqu’à la venue du Fils de l’homme. Quand le Fils de l’homme s’approche du trône divin, leur règne cesse. Le Règne du Fils de l’homme arrive, prend définitivement la place de tout autre règne. Son pouvoir reçu de Dieu s’exerce par le jugement : les livres où sont inscrites les actions des êtres humains sont ouverts. Son pouvoir s’exerce au profit de tous ceux qui ont été fidèles à l’alliance du Seigneur Dieu d’Israël. Mais Il n’exerce pas son pouvoir seul. Tous ceux qui, en Israël, ont été fidèles à la Parole de Dieu règnent avec Lui. Le Fils de l’homme est l’incarnation de tout un peuple de fidèles. Il est l’incarnation de tous ceux qui sont restés fidèles à la Parole de Dieu malgré les persécutions. Car Daniel vivait dans un temps de persécution. Nous y sommes à nouveau aujourd’hui, quand nous pensons aux 380 millions de chrétiens persécutés de par le monde. Retenons donc bien cela : le Fils de l’homme, c’est à la fois une personne divine et un peuple, un peuple qui vit la persécution sur terre. A la fois une personne et un peuple. Comme Jacob : il est à la fois une personne, le patriarche d’où sont issues les tribus d’Israël et il est aussi le peuple d’Israël. Dans la Bible, Jacob désigne une personne et un peuple. C’est pareil pour le Fils de l’homme. On comprend mieux pourquoi Jésus privilégie ce titre de « Fils de l’homme », quand il parle de lui-même. Il ne se voit jamais tout seul. Mais retenons encore une autre vérité enseignée par Daniel :  le Fils de l’homme est dans le ciel. Daniel le voit apparaître dans le ciel, avec les nuées, et toute son activité se passe dans le ciel. Il s’approche de Dieu qui est sur son trône de feu. Il vient vers Dieu. Il ne vient pas sur terre. Le trône de Dieu est décrit sous forme de flammes de feu. L’apparence de Dieu, la blancheur éclatante de ses cheveux et de ses habits, se retrouve en Jésus transfiguré sur la montagne aux yeux de Pierre, Jacques et Jean. 

Dans la vision de Daniel, le Fils de l’homme vient vers Dieu. Dans la vision de Pierre, Jacques et Jean, le Fils de l’homme vient vers eux, lui dont les vêtements étaient devenus blancs comme la lumière, dont le visage resplendissait comme le soleil. Le soleil est un feu. On le trouve ce feu sur le visage de Jésus et on trouve ce feu dans le trône de Dieu. Ce que l’évangile de ce dimanche nous fait découvrir, c’est donc que le Fils de l’homme, s’approchant de Dieu, s’approche de nous. Il vient vers Dieu, d’après le livre de Daniel, il vient vers nous, d’après l’évangile. Le Fils de l’homme est donc venu sur terre. Lui qui est au ciel. Le ciel est venu sur terre. Dieu ne se résignait pas à vivre sans nous dans le ciel. Il a envoyé son Fils nous apporter le ciel sur la terre. On pourrait encore le dire d’une autre manière : le Fils de l’homme, en s’approchant de Dieu, s’est approché de nous. Lui qui incarne l’Israël fidèle, Il est venu dans Israël. Dans Israël passé, présent et futur. Israël passé : Moïse et Elie, toujours bien vivants. Israël présent : Pierre, Jacques et Jean. Israël : tous ceux qu’il appellera en Israël et dans les Nations. 

Maintenant relisons attentivement ce que nous dit le texte : « Et Jésus vint auprès d’eux et, les touchant, dit : ressuscitez ! ne craignez pas !» Les disciples étaient littéralement tétanisés de peur, après avoir entendu la voix de Dieu lui-même dans la nuée. Cette voix confirmait solennellement ce qui avait déjà été dit au baptême de Jésus : « Celui-ci est mon Fils, le Bien-Aimé en qui je me suis complu. Ecoutez-le. » On ne peut voir Dieu sans mourir. Les Hébreux au Sinaï, préféraient ne pas entendre directement la voix de Dieu. Ils ont envoyé Moïse pour leur transmettre les paroles de Dieu. Ce n’est pas rien, d’entendre Dieu directement parler ! Les disciples sont comme morts. Et ce Jésus, que Dieu a désigné comme étant son Fils, le Bien-Aimé, ce Jésus qui s’est approché du trône en flammes de Dieu, il vient auprès de ses disciples comme morts et il leur dit de se relever. En grec « se relever » et « ressusciter », c’est le même mot. Non seulement Jésus vient auprès d’eux, mais il les touche, pour qu’ils se relèvent, qu’ils ressuscitent sans peur. Quand est-ce que le Fils de l’homme, partageant tout du trône de Dieu, vient nous toucher ? Quand est-ce que Jésus s’approche de nous au point de nous toucher ?  Nous avons une réponse dans Jean 6.53, où Jésus dit : « si vous ne mangez la chair du Fils de l’homme et si vous ne buvez son sang, vous n’avez pas la vie en vous-mêmes ». Le Fils de l’homme s’approche de nous pour nous ressusciter, en nous donnant sa chair à manger et son sang à boire. Qui peut comprendre cela ? Les disciples eux-mêmes sont décrits dans les évangiles comme des personnes qui ne comprennent pas. Voyez ce qui se passe immédiatement après la transfiguration : un père vient vers Jésus parce que les disciples n’ont pas pu guérir son fils épileptique. Et Jésus dit à ses disciples : « ô génération manquant de foi et pervertie ! Jusqu’à quand serai-je avec vous ? Jusqu’à quand vous tolérerai-je ? » Mt 17.17. Les disciples avaient certainement une grande foi pour avoir essayé de guérir un enfant épileptique au nom de Jésus. Mais cette grande foi n’était rien du tout. Quand nous faisons de l’introspection sur notre foi, nous pouvons penser qu’elle est grande, alors qu’elle est nulle. Pour Jésus, la foi qui vient de Lui, de Dieu lui-même, ne peut être que petite insignifiante, mais elle déplace la montagne de la transfiguration dans la misère où nous sommes. Ce que Dieu veut, c’est que nous amenions le ciel et sur la terre, et non pas la terre en enfer. Les disciples ont mis longtemps, avant de croire réellement, au point de pouvoir nous amener le ciel sur terre. Ils ont dû suivre Jésus pas à pas sur le chemin de la croix et la porter eux aussi. Car, qu’est-ce que Dieu a dit sur la montagne de la Transfiguration ? Quelle est la part qu’il a laissé aux disciples ? Que leur a-t-il dit de faire ? Une seule chose : « Ecoutez-le ! ». Ecoutez mon Fils. Et quelle est la première chose que Jésus a dite, lorsqu’il est descendu de la montagne de la Transfiguration ? « A personne ne dites la vision, jusqu’à ce que le Fils de l’homme se réveille des morts ». Et nous trouvons une deuxième parole dans le texte, au verset 12 : « le Fils de l’homme va souffrir beaucoup ». Rien ne pourra nous donner la foi, avant que Jésus n’ait suivi jusqu’au bout le chemin de la croix et de la résurrection, et les disciples avec lui. Par ses souffrances, en devenant pour nous une chair à manger et du sang à boire, le Fils de l’homme vient nous toucher, et parce qu’il nous touche, nous ressuscitons. Ce qu’il nous donne de comprendre par grâce, cette foi minuscule, invisible, qui est en nous et vient de lui, de lui seul, et nous n’aurons jamais fini de comprendre tout ce qu’il y a dans cette foi. Chaque fois que les disciples avaient cru avoir atteint la bonne hauteur de la foi en Jésus, ils ont fait faillite. Les évangiles ne le cachent pas. Pourquoi ce serait différent pour nous, pour l’Eglise où nous sommes engagés ? Parce qu’ils ont compris, les disciples doivent toujours à nouveau comprendre. Car ce qu’il faut comprendre ne vient pas de nous, ne vient d’aucun être humain. Il existe une Fils de l’homme, tout un peuple dans le ciel, s’approchant de Dieu, passant par le jugement qui les fait entrer dans la vie éternelle, pour gouverner éternellement sur terre et dans le ciel. Ce peuple peut s’approcher de Dieu avec le Fils de l’homme, car ce Fils de l’homme est venu les toucher dans sa chair et son sang. Il est venu toucher tout ce qui est douloureux dans l’humanité.  C’est Lui que Dieu nous demande d’écouter. Ce que Pierre a vu sur la montagne de la Transfiguration, il dit que nous le verrons nous aussi : « nous vous avons fait connaître la venue puissante de notre Seigneur Jésus Christ, pour l’avoir vu de nos yeux dans tout son éclat » II Pi 1.16. Ce que Pierre a vu, nous le verrons. Pierre a vu la venue de Jésus comme nous la verrons. Il se peut que ce soit bientôt. Tenons-nous prêts. Une seule consigne pour être prêts : « écoutez-Le ! »

Il les toucha

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