• le 13 janvier 2026

UN CHANGEMENT DE VIE SALUTAIRE

Alain NADAL

Ez 36.16-32   Gal 5.16-18   Rm 8.5-11

 Le directeur d’un établissement de rééducation fait venir un médecin du sport réputé pour sa force de conviction, pour donner une conférence sur les bienfaits de la marche. Le jour dit, la salle est presque pleine ; les personnes présentes sont attentives.

  Il est indispensable de pratiquer 2 à 3 heures de marche par semaine si vous voulez rester en bonne santé physique. Contrairement à d’autres sports, tout le monde peut pratiquer cette activité. Elle présente de nombreux bienfaits pour la santé physique et mentale. Elle permet de se muscler, de réduire le risque cardiovasculaire, de maintenir un poids stable, de faire baisser la tension artérielle, d’améliorer l’humeur et de diminuer le stress… 

 À la fin de la conférence, le directeur félicite chaleureusement l’orateur pour ses arguments convaincants. 

  Deux semaines après, le médecin téléphone au directeur et lui demande : Avez-vous constaté que vos patients se sont mis à marcher ?

  Le directeur répond : Non ! Rien n’a changé ! Mais c’est normal, car ils ont encore plusieurs mois de rééducation avant de pouvoir le faire.

  Ah ! J’ai oublié de vous dire : l’établissement en question est un centre de rééducation pour accidentés de la route. (Silence)

  Vous vous demandez peut-être pourquoi je vous raconte cette histoire inventée de toute pièce ?  Eh bien, je vais vous le dire : Ce qui se passe dans les lieux de cultes, le dimanche matin, ressemble souvent à la situation que je viens de décrire. En effet, beaucoup de prédications ressemblent à cette conférence : elles parlent de choses bibliquement justes et pertinentes. Mais beaucoup d’auditeurs sont incapables de les mettre en pratique. Pourquoi ? Parce qu’ils sont handicapés spirituellement !

  En effet, pour demander à quelqu’un qui est encore en rééducation de pratiquer la marche chaque jour, il faut d’abord qu’il retrouve le plein usage de ses jambes. C’est seulement à partir de ce moment-là qu’il pourra mettre en pratique le conseil pertinent de marcher régulièrement. Avant cela, vous pouvez lui répéter tous les jours qu’il est de son intérêt de marcher, il ne le fera pas ; et pour cause : il en est incapable !

  Sur le plan spirituel, beaucoup de baptisés se trouvent dans cette même situation d’incapacité. On peut bien leur répéter dimanche après dimanche : « Marchez par l’Esprit, et vous n’accomplirez point les désirs de la chair », s’ils sont infirmes spirituellement, ils ne pourront pas marcher par l’Esprit, c’est-à-dire avoir une vie droite, consacrée au Seigneur, être persévérant dans la prière, dans la méditation de l’Écriture, se réjouir de la vie communautaire, de l’engagement dans l’Eglise, de témoigner de sa foi etc…

  Pour pouvoir marcher par l’Esprit, il faut d’abord une guérison de tout son être. Avant cette guérison, tous les hommes sont infirmes spirituellement. Il est inutile de se révolter contre cela : c’est la nature dont nous héritons tous à notre naissance. Paul appelle cela notre nature charnelle, c’est-à-dire l’homme non régénéré et livré à lui-même; et il affirme : « Les tendances de la chair (c’est-à-dire l’inclination naturelle de notre être non transformé par Dieu) sont ennemies de Dieu, parce que la chair ne se soumet pas à la loi de Dieu, elle en est même incapable » (Rm 8.7).

   Pour retrouver l’usage de nos jambes spirituelles qui nous permettront de marcher par l’Esprit, il n’y a qu’un seul moyen : il faut subir une opération : la CONVERSION, la métanoïa, en grec ; c’est-à-dire le changement total de direction dans notre vie, le changement total de notre être profond. Le seul chirurgien qui réussit cette opération, c’est Dieu lui-même : « JE vous donnerai un cœur nouveau et je mettrai en vous un esprit nouveau ; j’ôterai de votre chair le cœur de pierre et je vous donnerai un cœur de chair » (Ez 36.26).

Deux choses importantes à comprendre :

 1) Un chirurgien n’opère jamais un patient conscient sans son consentement. Il lui demande toujours son accord. Dieu fait de même avec nous. La conversion ne se fera jamais sans notre plein accord. 

 2) On ne se fait pas opérer par plaisir, mais parce qu’on sait qu’on a un organe malade ou un mal en nous qui doit être ôté si on ne veut pas mettre sa vie en péril. Encore faut-il savoir qu’on est malade. Les tumeurs cancéreuses ont ceci de terrible qu’on peut vivre 30 ans avec sa maladie sans se douter qu’on est malade. 

  La tumeur que constitue notre vieille nature, notre nature charnelle, a ce même côté sournois : on peut très bien vivre avec et se croire en bonne santé spirituelle. Mais ce n’est pas ce que dit l’Ecriture : « Ceux qui sont sous l’emprise de la chair (c’est-à-dire ceux qui sont conduits par leur nature non transformée par Dieu) ne peuvent pas plaire à Dieu » (Rm 8.8).

  Pour plaire à Dieu, il faut passer par la conversion. C’est la première étape, l’étape indispensable de tout commencement de la vie chrétienne. Et c’est l’Esprit-Saint qui fait l’essentiel en nous, même si nous ne savons pas encore qui Il est. La toute petite part que l’homme doit faire, c’est simplement de dire « OUI » à l’appel de Dieu, un OUI sincère, bien sûr !

   Jean Baptiste et Jésus n’ont pas commencé par dire aux foules : Marchez par l’Esprit ! Mais : Convertissez-vous ! (Mt 3.2 ; 4.17). Pierre fait de même lorsqu’il s’adresse aux Juifs après la Pentecôte. Il commence par le commencement : Repentez-vous (Act 2.38) ; Repentez-vous donc et convertissez-vous pour que vos péchés soient effacés (Act 3.19).

  Mais alors lors, pourquoi Paul enseigne-t-il : Marchez par l’Esprit ? 

  Parce que les épîtres ont été écrites après la résurrection de Christ et après la Pentecôte. Lorsque Paul exhorte ses auditeurs à marcher par l’Esprit, il le fait car il sait que les croyants à qui il s’adresse sont déjà passés par l’étape incontournable de la conversion et de la nouvelle naissance. Ce n’est pas toujours le cas dans les églises multitudinistes, ouvertes à tous, comme l’Eglise réformée, l’Eglise catholique ou l’Eglise orthodoxe. Dans ces églises, la conversion n’est pas toujours l’objet d’un enseignement précis et suivi. Le catéchisme enseigné aux jeunes se réduit trop souvent à une accumulation de connaissances bibliques, sans aborder franchement la nécessité de la conversion. Beaucoup de catéchètes et de pasteurs font preuve d’une timidité incroyable lorsqu’il s’agit d’aborder clairement la conversion.

   L’absence de cet enseignement a de graves conséquences. En effet, lorsque la conversion a été ignorée ou mal comprise, la vie spirituelle ressemble un accouchement qui s’est mal passé : l’enfant, et plus tard l’adulte, peut en garder des séquelles handicapantes. 

   Sur le plan spirituel, c’est la même chose. Lorsqu’on ne veut pas vraiment reconnaître qu’on est un être pécheur pour qui Jésus a accepté de mourir sur la croix afin de nous sauver, lorsque la repentance est superficielle ou inexistante, lorsque la mort et la résurrection du Christ restent des notions intellectuelles, la foi est faible, fragile, fluctuante, plus habitée par le doute que par la confiance. Dieu est perçu comme un Dieu lointain, ou injuste. On remet toujours en cause son amour pour nous, ses promesses. Les commandements de Dieu ressemblent à des contraintes ; la vie de l’église, la présence aux cultes, la méditation des Écritures, la prière, la communion fraternelle, le désir de témoigner de sa foi sont des choses secondaires, qui passent bien après les occupations quotidiennes, le travail, les loisirs…

La marque d’une conversion véritable, c’est la volonté, toujours renouvelée, de consacrer sa vie à Christ et de demeurer en Christ. Cette volonté s’exprime dans une prière claire et précise : Seigneur, je reconnais que je suis pécheur ; je te demande pardon ; je crois que tu me sauves par ton sacrifice sur la croix, et je te donne ma vie, aujourd’hui ! 

   Dieu ne nous donnera pas un « cœur nouveau » si nous sommes satisfaits de notre cœur de naissance, si nous pensons que nous ne sommes pas si mal que ça, par rapport aux autres ; si nous ne reconnaissons pas que nous avons besoin d’un Sauveur. Dieu ne mettra pas en nous « un esprit nouveau » dans notre cœur pécheur. Il le déversera dans le nouveau cœur qu’il nous réserve, si nous sommes d’accord pour abandonner l’ancien.

  Dieu ne mettra pas en nous « son Esprit » si nous préférons nos ténèbres à sa lumière (Eph 5.8-11). Sans la conversion et la nouvelle naissance que Dieu opère en nous, nous resterons des infirmes spirituels incapables de comprendre les choses de l’Esprit : « L’homme naturel ne reçoit pas les choses de l’Esprit de Dieu, car elles sont une folie pour lui, et il ne peut les connaître, car c’est spirituellement qu’on en juge »  (1 Co 2.14)

  Dans le texte d’Ézéchiel, Dieu ne commence pas par dire : Je mettrai mon Esprit en vous. Il dit d’abord : Je vous purifierai de toutes vos souillures et de toutes vos idoles. C’est l’étape de la repentance et de l’assurance du pardon de Dieu.

   Lorsque le Saint-Esprit nous conduit dans la repentance, ce n’est pas un moment très agréable à vivre. Cela se passe souvent dans un flot de larmes amères, car l’Esprit nous montre la noirceur de notre cœur, de nos pensées, de nos actes ; noirceur que nous savons si bien dissimuler aux autres, mais que le Seigneur met en lumière à ce moment là. Non pas pour nous écraser, pour nous dire que nous ne valons rien. Mais au contraire pour nous libérer et faire tomber nos masques. Car au moment où nous confessons ces noirceurs et que nous demandons pardon, l’Esprit nous fait comprendre que nous sommes totalement pardonnés. Alors, les larmes amères cèdent la place aux larmes de reconnaissance et de joie, car nous nous sentons lavés, purifiés par le sang de Jésus.

   N’ayons jamais peur d’être placé par le Seigneur en face de ce que nous sommes vraiment. Car c’est une grâce qu’il nous accorde. En effet, après cette expérience, on ne se leurre plus sur ce que nous sommes vraiment, et on comprend beaucoup mieux l’œuvre de Jésus à la croix, la puissance du pardon et la grandeur de l’amour de Dieu. 

   Ensuite, le texte d’Ezéchiel dit : « Je vous donnerai un cœur nouveau et un esprit nouveau ». C’est l’étape de la nouvelle naissance qui nous fait naître à la vie de l’Esprit. (Souvenons-nous de l’entretien de Jésus avec Nicodème : « A moins de naître de nouveau, nul ne peut voir le Royaume de Dieu. » (Jn 3.5). 

  Et enfin, Dieu promet : « Je mettrai mon Esprit en vous et je ferai que vous suiviez mes prescriptions. » C’est l’étape du baptême dans l’Esprit, où le croyant est revêtu de puissance pour être un témoin du Christ (Act 1.8).

  Pour terminer, je voudrais poser une question simple : Êtes-vous passé par la conversion ?

 Si vous hésitez à répondre « oui », c’est que cette étape reste à faire, même si vous fréquentez l’église depuis longtemps.

 Dieu vous appelle à le faire, sans tarder. Pourquoi pas maintenant ?

Trois fois, en 2 chapitres, l’auteur de l’épitre aux Hébreux exhorte les lecteurs : « Aujourd’hui, si vous entendez sa voix, n’endurcissez pas votre cœur » He 3,8 ; 3,15 ; 4,7.   Restons un moment dans le silence, pour laisser le temps à ceux qui veulent dire OUI à Dieu, de le faire.

Laisser un commentaire

Merci d'entre votre nom.
Merci d'écrire un commentaire.

Lire également…