Psaume 16
Combien de personnes ont vu Jésus ressuscité ?…
L’apôtre Pierre nous apprend que quelqu’un a vu Jésus ressuscité dix siècles avant la mort de Jésus : c’est David Ac 2.31. David a vu la résurrection de Jésus mille ans avant. Il la raconte dans notre psaume, car c’est ce psaume 16 que l’apôtre Pierre cite. C’est la toute première prédication de l’Eglise, à Pentecôte. La toute première prédication de l’Eglise cite une grande partie du Psaume 16. Ce psaume a été écrit par David. Le premier mot du psaume est parfois traduit par « poème », parfois par « épitaphe ». Epitaphe, c’est l’inscription qu’on choisit de mettre sur une tombe. Le Psaume 16 est l’inscription que David souhaitait qu’on mette sur sa tombe. En fait, ce n’est pas le psaume tout entier qu’on a retenu, mais le verset 8 : « je garde sans cesse le Seigneur devant moi ». Ce verset est affiché dans toutes les synagogues, en hébreu. Tous ceux qui viennent y prier se rappellent cette phrase de David : « j’ai placé le Seigneur toujours en face de moi ». David vivait toujours en présence du Seigneur. C’est comme cela qu’il a pu traverser de terribles épreuves, des combats qui dépassaient ses forces, des trahisons qui le surprenaient dans ses propres rangs, dans sa propre famille, là où il aurait eu toutes les raisons de faire confiance. Il a gardé toujours le Seigneur devant lui. Quand il a péché, gravement, adultère et meurtre, un prophète, le prophète Nathan a été envoyé pour lui mettre à nouveau le Seigneur devant les yeux. Il s’est vu comme Dieu le voit : un homme qui mérite la condamnation la plus sévère, celle qu’il aurait lui-même infligée à quelqu’un d’autre, s’il l’avait surpris en train de faire ce qu’il a fait. Mais le Seigneur, toujours en face de David ne l’a pas condamné. Il l’a corrigé. C’est mieux. David a gardé le Seigneur en face de lui, toujours. Pas au-dessus de lui, pas loin de lui, mais face à lui. Et parce que le Seigneur était toujours face à lui, que David se comportait toujours comme étant en présence de son Seigneur, il avait aussi le Seigneur à sa droite, comme celui agit pour lui : « quand il est ma droite, je suis inébranlable » v.5.
Mais qu’est-ce que ça veut dire concrètement « placer toujours le Seigneur devant soi» ?. Au début du psaume, David dit au Seigneur : j’ai fait de toi mon refuge. David a choisi de vivre avec le Seigneur comme seul refuge. Nous en cherchons souvent d’autres. En tout cas moi. Mais je suis impressionné par ce que David dit : en tout, toujours, en toute circonstance, il n’a pas d’autre refuge que le Seigneur. Nous, nous préférons multiplier les sécurités. Car c’est cela que ça signifie, refuge. Un refuge, c’est une sécurité. Beaucoup courent après l’argent car ils sont persuadés qu’il est une sécurité. Jésus a beaucoup enseigné sur la tromperie d’une telle sécurité. Le Seigneur est la seule sécurité de David. Après les plus belles victoires, David a vécu des persécutions où il a frôlé la mort à plusieurs reprises. Réfléchissons un instant à ce que cela signifierait pour notre vie, que de dire sincèrement au Seigneur comme David : « j’ai fait de toi ma sécurité », ma seule sécurité. Ça change notre façon de vivre. Beaucoup de sécurités que nous cherchons fébrilement deviendraient inutiles.
De fait, il y a des sécurités ailleurs que dans le Seigneur, mais elles nous le font payer cher. C’est ce que David évoque au verset 2 : « ces puissances qui me plaisaient tant, augmentent leurs ravages, on se rue à leur suite, mais je ne leur offrirai plus de libations de sang ». Les sécurités que sont les autres dieux que le Seigneur nous font payer cher la confiance que nous mettons en elles. Elles veulent du sang, toujours plus de sang humain. La fabrication d’armes, ça paraît être une sécurité pour notre pays, mais elles sont vendues à d’autres pays et font couler le sang. L’argent lui aussi exige toujours plus de victimes innocentes : des enfants, des femmes, des millions de civils périssent à cause de la loi de l’argent. Avec l’argent vous vous offrez tout ce que vous voulez, mais lui vous offre la mort. Avec le Seigneur c’est l’inverse : il ne réclame rien de notre part. Il ne nous prendra pas la vie, il ne nous prendra pas les gens qu’on aime. Au verset 5, David dit au Seigneur : « tu es mon héritage et ma part à la coupe ». Les dieux dévorent ceux qui leur font confiance. Le Seigneur, lui se laisse dévorer par nous. C’est lui-même qui s’offre à nous pour nous nourrir et nous désaltérer. Dans quelques instants nous célébrons la Sainte-Cène : le Seigneur Jésus est notre seule sécurité, il est le pain, le vivant, qui est descendu du ciel pour nous donner la vie, il nous donne part à la coupe de son sang versé. Le Seigneur, au lieu de prendre comme font toutes les autres sécurités, nous donne. Il se donne soi-même. Il est notre seule sécurité.
Comme nous tous, David a connu une période de sa vie où il a vu la mort s’approcher. Il se faisait vieux. Ce psaume est un regard en arrière sur la vie qu’il a eue avec le Seigneur : il se rend compte qu’il a eu raison de toujours avoir choisi le Seigneur comme seule sécurité, comme seul refuge. Il n’a pas été déçu. Le Seigneur a toujours été devant lui, à côté de lui. Devant lui, pour l’entraîner à vivre avec lui, à côté de lui pour agir avec lui. David peut, à la fin de sa vie, constater que le Seigneur a toujours été avec lui. Il avait choisi le Seigneur comme seule sécurité, comme seul Dieu, et son cœur se réjouit au souvenir de toute cette fidélité du Seigneur. Mais constatant que la mort arrive comme chez tous les humains, David fait cette prière tout au début du psaume : « Dieu, garde-moi ! ». Il demande à Dieu de le garder, même dans la mort. Et il entrevoit un exaucement, qu’il nous raconte au verset 9 : « ma chair demeure en sûreté, car tu ne m’abandonnes pas au séjour des morts, tu ne laisses pas ton fidèle voir la fosse ». Etonnante affirmation, car l’apôtre Pierre rappelle aux Juifs à Jérusalem : vous savez bien que David est mort et que son tombeau se trouve encore aujourd’hui parmi nous. En effet, nous avons visité la tombe de David à Jérusalem, pas loin de l’endroit où l’apôtre Pierre a fait sa première prédication. Alors, comment comprendre cette affirmation toute joyeuse de David : « tu ne m’abandonneras pas au séjour des morts » ? David a vu la fidélité de Dieu par le passé pour le faire échapper à tellement de morts, tellement d’épreuves où il aurait normalement dû succomber, qu’il devient sûr et certain que cette puissance de Dieu ne peut pas l’abandonner au séjour des morts. Il se voit entraîné dans la puissance de vie de l’Esprit Saint qui a fait sortir Jésus du tombeau, sans même que la pierre soit roulée. C’est seulement après la résurrection de Jésus qu’un ange vient rouler la pierre, pour que les femmes puissent constater que le tombeau est vide. David, dit l’apôtre Pierre, a vu à l’avance la résurrection de Jésus. J’avais commencé la prédication par cette affirmation étonnante, merveilleuse : les témoins de la résurrection de Jésus existaient avant Jésus !
Frères et sœurs, le parcours de vie de David, nous pouvons le faire aussi : placer toujours le Seigneur sous nos yeux. Vivre toujours en sa présence, le laisser agir avec nous pour nous rendre inébranlables. Si David a vu Jésus ressuscité à l’avance, nous le voyons à postériori. Les femmes et les apôtres nous ont attesté sa résurrection, pour nous. Le fait que l’Esprit Saint soit venu à Pentecôte atteste que Jésus ressuscité est à la droite de Dieu le Père. Il a envoyé le Saint-Esprit pour que Lui, Jésus soit toujours devant nos yeux, toute notre vie. Ce Saint-Esprit, il le fait demeurer en nous, si nous le voulons bien, et ce Saint-Esprit ressuscitera aussi nos corps. Jésus s’y est engagé. David s’est réjoui à l’avance de tout cet héritage qui lui est donné dans la résurrection de Jésus, et nous nous en réjouissons à postériori. Comme David, nous pouvons dire : « tu me fais connaître la route de la vie, la joie abonde près de ta face, à ta droite les délices éternels ».
